emballées de retailles de tissus et de fil récupérés...




chloé b. fortin

Fleurs de métal, boîtes en carton,








Ce travail procède d’abord d’une photographie brute et spontanée, faite de plusieurs clichés, tel un geste épris de l’urgence de témoigner. Je réalise par la suite un travail méticuleux où de nouveaux décors, tirés des magazines sont apposés aux photographies originales, ce qui me permet de créer enfin des espaces de respiration plus étendus et de mettre en scène de nouveaux environnements.


Côte-des -Neiges, épreuves argentiques 4'' x 6'',
magazines récupérés, épingles de couture, 17''x 12''.


Cette série est née de mon exploration de la technique automatiste, développée précédemment avec les Migrations (2005). Seulement ici s’est ajouté un geste fébrile, tortueux, obsessif; un geste nerveux dessiné au crayon gras. Agile, il vient gribouiller et relier les masses entre elles, à la vitesse de l’éclair. Il traduit l’impatience des nouveaux projets et possibilités des nouveaux départs. La technique du masquage que j'utilise me permet alors de nettoyer les zones embouteillées, de rendre les traits plus clairs, et de définir les masses et les espaces vides qui, en s’équilibrant, permettent une respiration.



Je me surprends du geste spontané et inconscient; je le laisse apparaître, sans essayer de le censurer. Je laisse sortir; je fais vite : les couleurs s’apposent les unes aux autres en un seul souffle, sans que le regard ait le temps de prendre du recul et de composer. Puis viens le besoin de respirer, de créer de l’espace dans ce trop plein de couleurs et de marques superposées. Je masque, je crée du vide, j’équilibre les masses et en définis les contours, jusqu’à révéler ces créatures organiques en suspension. Les Migrations sont pour moi des groupements d’individus en voyage, qui se déplacent vers une direction commune. Certains semblent arrêtés dans leur course, figés en plein mouvement, d’autres semblent avoir trouvé le repos et le calme un instant.





Isabelle Ayotte, Willy Beauvais, Stéphanie Béliveau, José Bernard, Renée Bernard, Elmyna Bouchard, Louis-Pierre Bougie, Marie-Claude Bouthiller, Jean Boutin, François Caillé, Nane Couzier, Marie Dauverné, Jean Dometti, Christine-L. Ducharme, Daniel Erban, Catherine Farish, Chloé Fortin, Marc Garneau, Pierre Genest, Hélène Grandbois, Normand Hébert, Sylvain Huberdeau, David Lafrance, Alain Lapierre, Sonia Leontieff, Lise Leprohon, Andrée Massicotte, Dinh Duong Nguyen, Richard Neveu, Geneviève Ouellet, Anne-Marie Paradis, Romain Peuvion, Jean-Marc Poissant, Michel Pronovost, Laurie Randolph, Geneviève Riffon, Denis Saint-Pierre, Tina Sealy, Francine Simonin et Louis Valentine.
100 rue Sherbrooke E. 4e étage
Vernissage le mardi 16 septembre, à 17h!
Notre développement en rupture des espaces naturels, me pousse à chercher refuge en des paysages sauvages. Chaque fois ces escapades sont un apaisement, et l’occasion de retrouver un état contemplatif, qui me permet de voir clairement à nouveau l’ensemble auquel j’appartiens. Mon travail veut laisser trace de ces retrouvailles et répondre au désir qui me prend alors de témoigner de la précieuse présence des espèces naturelles. Je m’emploie de la sorte à rétablir une filiation perdue, à révéler des interrelations oubliées...